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mercredi 25 novembre 2009

Petits dessins et bons mots

Nouvel épisode dans la série : mon petit frère est flippant.

Hier soir, j'ai fêté (avec un peu de retard, certes) mon anniversaire en famille. Pour l'occasion, mon cher petit frère de 7 ans m'a offert le cadeau le plus classique qui soit : un dessin fait par lui-même juste après mon arrivée, en douce, dans sa chambre.

Plutôt qu'un dessin, je devrais dire qu'il en a fait deux (car une feuille est composée de deux pages exploitables... quand les feutres ne traverse pas l'épaisseur du papier... dommage). J'ai commencé par le recto. Comment vous le décrire ? Dessin épuré, uniquement fait de formes tubulaires jaunes délimitées par des lignes noires, ainsi qu'une forme noire centrale, annulaire. Les zones colorées recouvrent au maximum 50% de la feuille A5 et s'emboîtent étrangement.

Explication de mon frère qui commence par faire pivoter la feuille de 90° en me signalant que ça se regarde "plutôt comme ça". A l'origine, il voulait faire un tag mais il a changé d'idée donc il a fait des lettres emboîtées. Il me montre un "L", un autre "L", un "Q" stylisé inséré dans la lettre précédente, un "O" (la fameuse forme annulaire noire), un "P" couché et un "I" planté dessus. Au moment de parler de la dernière lettre, une lueur de clairvoyance traverse alors ses yeux et il s'écrie : "On pourrait peut-être faire un mot, avec ces lettres !!!" et, contre toute attente, essaye de trouver ce mot en lisant de droite à gauche ! Je cite : Alors, là on a "pi", après un "O" et un "Q"... Ah bah ça fait Piqoll !!! Je me suis effondré de rire. Pour mon anniversaire, mon petit frère m'offre un dessin nommé "picole"...

Après avoir repris mes esprits, je retourne la feuille et observe le second dessin. Une description dépasserait à présent mes compétences mais je devine quelques chiffres et lettres habillés de motifs, symboles qui s'emboîtent également... Et c'est là que, dans un grand moment de fierté, mon frère me demande : alors, tu reconnais ? Je reconnais quoi ?!? Quoi, tu ne reconnais pas ?!? Bah... heu... Mais si, regarde, j'ai dessiné comme Dubuffet !!! Dubuffet, qu'il me dit. C'est dans ces moments-là qu'on se sent très très seul... Dubuffet... un artiste, un peintre sans doute... avec un nom pareil il doit être français... vu le style, c'est un contemporain... non, rien à faire je ne connais pas. Ok, passage au plan B : comment ne pas perdre la face tout en avouant mon inculture face à mon petit frère de sept ans pour qui je suis le Grand Frère, le Modèle ? Dur...

Le jour de ses 7 ans, mon petit frère maîtrisait les grands classiques de la musique. Moins d'un an plus tard il adhère aux arts contemporains. Si je matérialise mentalement ce qui pourrait être une courbe de progression, non seulement il m'a totalement dépassé sur le plan culturel mais en plus, d'ici un ou deux ans, il me trouvera inintéressant et pauvre culturellement. Je vais aller manger un pot de glace en regardant le Coeur a ses raisons, ça me fera du bien pour oublier...


Petit mot de la fin que j'emprunte à Alphonse Allais :
- Sept villes se disputaient l'honneur d'avoir vu naître Homère : Argos, Athènes, Chio, Colophon, Rhodes, Salamos et Smyrne.
" - N'oubliez pas la plus célèbre de toutes, dit Allais.
- Je regrette, il n'y en a que sept et non pas huit.
- Huit car la voix populaire a consacré Alaure comme la huitième. Dit-on autrement que Homère d'Alaure ?


Et un autre petit mot, toujours du même auteur, car le rire ne fait que du bien :
Les culs-de-jatte sont des infirmes incapables de rendre service à la société. Sauf, peut-être, pendant les guerres, aux premières lignes. Les tranchées seraient alors moitié moins profondes à creuser.

lundi 9 novembre 2009

Petit point de politique, d'art et de sociologie

Mais quelle rigolade !!! Le ministère de la culture qui omet de prolonger sa propriété du nom de domaine jaimelesartistes.fr, c’est une perle des plus rares ! Du coup, le nom de domaine a été récupéré par un anti-HADOPI qui a redirigé l’adresse à meilleur escient. Quelle humiliation ! 50 à 85 000 euros négligés et finalement gaspillés par l’État, la vitrine du projet détruite alors qu’elle devrait être en train d’expliquer la pédagogie du projet qui se met en place. Quelle honte !!! Décidément, ce gouvernement ressemble de plus en plus à un groupe d’amateurs exploitant à leur propre compte les avantages de leurs fonctions. Il y a bien quelques uns d’entre eux qui trouvent grâce à mes yeux (et sans que je sois par ailleurs en accord avec leurs idées) mais ils ne sont guère nombreux. J’ai bien peur que notre pays soit en plus de moins en moins libre et démocratique... Triste ère qu’il faudra dépasser.

Voila, c’était le paragraphe politique du jour. A présent, l’édito « loisir et détente ». Il y aurait beaucoup de choses à raconter, je suppose. Je vais donc commencer par l’art. Je suis allé voir l’exposition sur Renoir au Grand Palais. Première déception : l’exposition n’a pas lieu dans la grande nef du palais mais dans de petites salles à l’arrière du bâtiment. Ne pas voir la verrière, c’est un drame dont je ne peux me consoler. Le second problème, c’est que j’ai eu l’occasion de me rendre compte que je n’aime pas l’œuvre de Renoir. C’est sans doute un jugement très personnel mais je trouve ses tableaux niais. Et fades. Non, vraiment, ce n’est pas mon style. Je suis cependant très heureux de l’avoir appris. Pour moi, Renoir est une étape dans le développement artistique de la peinture mais pas une finalité comme l’ont pu être Picasso ou Rembrandt.

Autre activité culturel mais sur un autre art : je me suis rendu à la cité de l’architecture, palais Chaillot. Je dois préciser que je n’y suis pas allé seul puisque j’avais mon guide personnel avec moi. Qu’est-ce que j’en retiens ? L’art roman est un art primitif. L’art gothique est un art évolutif et délicat qui impose la grandeur de toute une période pourtant sombre (le Moyen Age, pour ne pas le citer). Il est assez riche pour y revenir encore et encore. La renaissance est une surcharge de débauche, de détails et de folies. Le classicisme, c’est la force, la puissance, le pouvoir. Le classicisme, c’est aussi la France. Louis XIV, Napoléon... Et le monde nous a imités. On est trop des modèles intersidéraux !!! Enfin, l’architecture moderne et les nouveaux matériaux. Des structures de fer et de glace. Des créations purement fonctionnelles. Des créations toutes plus moches les unes que les autres ou alors absolument gracieuses. Bref, je suis content d’avoir été initié à tout cas, qui plus est par un expert...

Fin du chapitre culturel, début du chapitre sociologique. Bon, ça peut faire mal. J’ai moi-même beaucoup souffert hier soir. On m’a emmené dans une soirée dont j’ignorais la nature. Cette soirée, c’était une boite gay. Début à dix-neuf heures, fin à une heure du matin. Comme les organisateurs de cette soirée pensent aux gays qui n’ont pas de couille (et il faut croire qu’il y en a un bon paquet !), chacun a un mot collé sur le tee-shirt. La qualité des mots en soi détonne : lolipop, tactile, Touch me, King of Pop (pas du meilleur goût, celui-là…), croquant, etc. Un tableau, à l’entrée, regroupe tous les mots attribués et il est possible de laisser un message à celui dont le mot correspond. Je ne précise pas si le mec t’a plu parce que tu n’es pas contraint de laisser un mot aimable… Voila donc un moyen de rentrer en contact sans le faire directement.

Que dire de la population du milieu. Des mecs qui ne savent pas réellement bouger sur de la musique, tous stéréotypés, tous superficiels. Des êtres que j’ai pu ressentir comme ayant une vie creuse et sans saveur, qui voudraient se donner un peu de piment mais qui ne réalisent pas qu’un plan cul n’est pas un moyen d’y arriver. Car il est inutile de se voiler la face : ce sont des plans cul qui sont recherchés là-bas. Le tout largement exploité par l’organisation qui fait son beurre sur les boissons. Un verre de 25 cl d’un mauvais alcool pour 10 euros, on nage en pleine indécence. Bref, beaucoup de vacuité, beaucoup de superficialité, beaucoup de rien et pourtant beaucoup de jugement aussi, beaucoup de poids social, beaucoup de mépris. J’exècre cet endroit. Je ne me reconnais en rien. Je n’y retournerai pas avant longtemps, ni là, ni ailleurs. Je suis passé à autre chose depuis longtemps, maintenant.

Ah, et puis en coup de vent, une autre expérience. Je suis inscrit sur un site de rencontre gay. Là aussi on comprend vite le fonctionnement. On peut faire quelques catégories. La première, la plus importante : la poubelle. Elle regroupe un certain nombre de personnes qui vont du mec dont le look ne vous convient pas du tout (par exemple je n’adhère pas au type asiatique...) jusqu’au type de 67 ans qui écrit « si tu me montr ta bit ac ta cam jtemontr ma bit sur ma cam » ou encore le quarantenaire qui s’émeut ainsi : « Je te veux dans mon lit. Tout de suite. TU PRENDS COMBIEN ? ». Bon, ça, c’est la poubelle. Il y a un second groupe qui rassemble les gens inscrits pour le sexe exclusivement. Eux cherchent des plans cul, rien d’autre et le message est très clair. Je trouve ça honnête et absolument pas condamnable. Honnête, pratique et efficace. Une troisième catégorie à présent : les faux lovers. Ceux-là ont un profil qui explique qu’ils ne supportent pas les plans cul et qu’ils sont là pour trouver le grand amour. Creusez un peu et vous retrouverez vite leur réelle nature, la bestiale, celle qui veut continuer la conversation sous la couette. Ils m’amusent, je joue à cache-cache avec eux. Enfin, le dernier groupe correspond à ceux qui cherchent réellement de nouvelles rencontres, de nouveaux amis, peut-être un jour des amours. Ils ne sont pas nombreux et pourtant j’en ai trouvé un ou deux déjà. Je ne sais pas trop ce qu’ils ont à proposer, nous verrons bien...

dimanche 19 avril 2009

La photographie est un art

Week end plaisant. Commençons par une minute culture.

Je suis allé voir l'exposition Controverses samedi. C'est une expo organisée par la BNF (Bibliothèque Nationale de France) au site Richelieu, rue Richelieu. J'ai donc déjà pu découvrir que la BNF n'est pas seulement cantonnée au célèbre site François Mitterrand.

Arrivé sur place, je me suis rendu compte que ce site est un ancien "Hôtel" parisien (comprenez une habitation noble datant de l'époque royale). C'est donc une belle construction et, après l'avoir pénétrée, j'ai déambulé dans les couloirs pour admirer les nombreux bustes, les majestueux escaliers et les imposantes grilles intérieures... jusqu'à la Salle Ovale. Elle était magnifique ! Pleine de lumière alors que le temps était maussade, l'impression d'espace est absolument apaisante. Paris ne manque pas de secrets...

Après ma petite promenade, je suis enfin arrivé à l'exposition proprement dite. Il s'agir d'une cinquantaine de photographies sources de controverses, de 1840 à aujourd'hui. Par ci, la comparaison entre la photo d'Anastasia Romanov, Fille de Nicolas II, tsar de toutes les Russies, et les photos des fausses Anastasia qui ont tenté de se faire passer pour la princesse (je vous suggère d'ailleurs d'aller voir l'histoire sur Wikipédia, c'est passionnant). Par là, des photos de filles pré-pubères nues qui posent la question de la limite de l'obscénité d'un cliché. Quelques photos de guerre, notamment des camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale et des enfants vietnamiens brûlés au napalm par les américains. Ici, quelques photos retouchés pour la propagande de l'URSS. Plus loin, une main et l'avant bras déchiqueté retrouvés sur le trottoir après l'effondrement de la première Twin Tower le 11 septembre (j'ai failli vomir en voyant la chaire). Et la fameuse photo Benetton du baisé que je trouve magnifique.


Bilan de cette visite : je suis ravi. Contrairement à la rétrospective sur David La Chapelle, les photos présentées sont pour la majeur partie loin d'être belles. Cependant on peut se faire une idée de l'évolution de la photographie depuis sa création. Autre point : je dois dire que je connais très peu la photographie et c'est vrai que cet art me laisse de marbre quant à sa réalisation (quelques photos présentées font d'ailleurs référence aux événements qui vont décider de qualifier la photographie d'œuvre d'art). Toutefois, je suis reparti en songeant que la photo a un pouvoir extrêmement puissant. Celui-ci ne passe pas forcément par ce qui me touche dans un tableau mais il se matérialise plutôt dans la prise de conscience par la visualisation. Après cette réflexion, la valeur de la photo est donc remontée dans mon estime !

mercredi 25 mars 2009

Elles font toutes ainsi (comprendre "souvent femme varie")

Hier soir, je suis allé voir un Opéra, Così Fan Tutte, de Mozart (le correcteur orthographique me propose "Mollard"... la supériorité de l'homme sur la machine). Il y aurait plusieurs choses à dire sur une soirée telle que celle-ci.

D'un point de vue artistique, les 6 interprètes principaux avaient indubitablement une technique parfaite. Cependant seule l'interprète de Dorabella avait réellement du coffre et faisait tout exploser quand elle ouvrait la bouche. Quelle puissance...

Là où ça a commencé à tiquer, c'est quand on a eu une idée de la mise en scène. Avant tout commencement, un homme - le visage totalement recouvert de maquillage mélangé vert et blanc, habillé tout de noir, monté sur des talons d'au moins 15 cm, des pattes l'éléphant et une queue de pie couverte de ce qui se révélera être des guirlandes lumineuses mais que j'avais pris pour des bouchons - monte sur scène en mimant physiquement et sonoriquement ce que j'ai identifié comme étant un héron. Il s'empare d'une sorte de valise bordée d'ampoules jaunes qui était sur scène et disparaît. L'opéra peut commencer et j'ai peur de voir ce que je vais voir.

Comment expliquer ma perplexité quand j'ai vu les trois ténors chanter leur air TRÈS classique en mimant des guitaristes et et chanteurs de hard rock avec des queues de billard ? Comment expliquer ma stupéfaction quand les deux amants sont arrivés sur scène pendus à des harnais et déguisés avec des gilets jaunes de sécurité routière et des masques de ski pour ne pas être reconnus par leurs fiancées ? Et ce moment si délirant où les amants tentent de rapprocher d'eux les fiancées alors qu'elles s'enroulent plus ou moins adroitement dans une longue guirlande électrique rouge et dans des positions équivoques, le tout symbolisant vraisemblablement les liens de la passion ? Je n'oublierai pas cette représentation de si tôt...

Une petite pensée, tout de même, pour l'entracte. Observation de la population. Moyenne d'âge d'environ 65-70 ans. La boisson d'usage semble être le champagne. Les glaces ont un certain succès, après un lancement timide. Les manteaux de fourrure ne sont pas si délaissés. J'en conclue que la crise n'atteint pas les opéras.

jeudi 19 mars 2009

De l'impro...

Comme j'ai la tête très prise par ça, je vais vous raconter ce qu'est un cours d'impro et ce qu'est un match d'impro. J'ai eu l'occasion de me rendre compte que souvent, les gens ignorent ce dont il s'agit et en ont un peu peur (surtout quand il faut monter sur la scène, répulsion garantie).

Tout d'abord, un peu d'histoire. L'improvisation est née au Québec avec ce constat des comédiens : les gens vont massivement voir des matchs de hockey sur glace et désertent les salles de théâtre. Il faut trouver un moyen de les attirer davantage. Aussitôt dit, aussitôt fait. On invente un type de spectacle sans texte (donc pas du théâtre) où la scène est transformée pour donner un aspect de patinoire ; on crée un arbitre, équipé comme il se doit, et suppléé par deux assesseurs (ses les juges de touche, en quelque sorte) ; on crée des règles - et donc des fautes ; le public est sollicité car il peut jeter des chaussettes s'il n'est pas content (la tradition veut que ce soit l'arbitre qui les reçoive car il est méchant. Bouh...) et c'est aussi lui qui "note" les performances et donne ainsi la victoire à l'une des deux équipes ; les comédiens (deux équipes de 6) sont habillés en jogging et maillots d'équipe numérotés et si possible nominatifs ; les troupes artistiques commencent le spectacle en chantant a capela leur hymne. Bref, on fait un match de hockey sans sport mais avec du théâtre non directif. Les spectacles d'improvisation sont faits pour être majoritairement drôles et c'est un vrai plaisir d'y assister.

Tout cela pourrait créer un esprit de compétition. Et bien ce n'est absolument pas le cas. En fait, le match n'en est un que pour le public qui le regarde. Les improvisateurs sont souvent des gens qui ne se connaissent pas et se rencontrent sur la patinoire en ignorant totalement ce que l'autre veut et va faire. Or, pour réussir une scène, il faut monter une histoire et le faire tous ensemble. Il est donc obligatoire de jouer AVEC l'autre et non pas CONTRE l'autre. L'ambiance est donc détendue, l'entraînement pré-spectacle (très physique, je vous assure !) en commun est joyeux, l'apéro de décompression l'est tout autant (très physique aussi...).


En quoi consiste un cours d'improvisation ? Avant de vous faire une description, je souligne qu'il s'agit ici de vous embrigader afin de colporter la Bonne Nouvelle : l'Impro est parmi nous. Bref, c'est de la pub.

Un cours commence par 5 petites minutes de relâchement. Excellent pour les gens stressés, il consiste en gros à fermer les yeux et à respirer le plus lentement et profondément possible. Personnellement, à ce stade, il m'arrive de faire des hypoxygénies (joli barbarisme, non ? La création est un passage obligé en impro) mais ça relaxe quand même.

Le cours enchaîne directement avec des exercices pour développer les capacités indispensables à l'improvisation : le placement, l'écoute, le laisser-aller, l'imaginaire. En impro, il y a des règles à respecter et elles ne sont pas forcément innées. La première d'entre elles : il est interdit de refuser l'autre. Par exemple, si on vous dit qu'un nouveau sauna vient d'ouvrir pour les laids et que ça serait marrant d'y aller, vous devez répondre "oh oui !!! On va enfin se sentir chez nous. Et on pourrait même se faire des plans à plusieurs !!!", ce à quoi l'autre dira certainement "Super idée, en plus j'ai pensé à prendre ma caméra...". Bref, il est impossible de dire non (la raison : un refus bloque l'histoire et tue l'impro en cours).
Une autre règle : on est ce que l'on joue et on ne force pas l'autre à être différent de ce qu'il veut jouer. Il est interdit, par exemple, de dire à l'autre de but en blanc "tu as 10 élèves de plus dans ta classe de maths ?!?". Rien ne vous dit qu'il est professeur ou étudiant et s'il avait décidé d'être trapéziste, et bien ça lui donne une belle occasion de faire une acrobatie renversante et vous de la fermer. Il faut donc savoir écouter l'autre pour comprendre ce qu'il est (on évite soigneusement de débarquer en criant : je suis un policier et je porte ma matraque du coté gauche, on le mime. Sinon ça casse l'effet : a-t-on déjà vu les gens arriver en criant qui ils sont ?).

Les exercices sont particulièrement amusants à partir du moment où vous oubliez que vous êtes ridicules : non seulement les autres le sont aussi, non seulement le ridicule ne tue pas - je témoigne - mais en plus, plus vous sur-jouez et plus c'est crédible et magique. Quelques exercices sympa ? Le chouba, un système de passation d'énergie qui rempli les batteries de tout le monde à fond (à la sortie du cours, elles seront totalement vidées). Les machines sont aussi extraordinaires. Un thème au hasard : machine à voyager dans le temps. Chaque personne doit se greffer, une à une, sur la scène, pour mimer un mouvement cyclique et bruité correspondant au thème. Par exemple, quelqu'un pourrait faire un cadran d'horloge tournant en sens inverse, un autre faire un dinosaure qui apparaît et disparaît, un troisième l'évolution de l'homme, etc. la magie étant quand les personnes se mettent à interagir entre elles (le quatrième pourrait remonter l'horloge de temps en temps, etc.).

Un exemple de machine à pizza...



Le cours continue et se termine par les petites impro et des exercices de mise en situation. Ce sont des mises en condition pour les scènes de match. Une scène est caractérisée par son sujet (par exemple "belle du seigneur"), son nombre de joueur de chaque équipe, le temps (30s, c'est très très court, 5 minutes, c'est une éternité) et son thème. Le thème est un point fondamental. L'improvisation doit se développer dans ce cadre. Quelques exemples de thèmes : far west, horreur, roman photo (les joueurs se figent et des joueurs cachés disent des phrases à chaque pose, comme si on enchaînait les photos), sidcom (cette fois l'action se déroule normalement mais niaisement et les joueurs cachés agrémentent sans cesse de rires "pré-enregistrés"), tragédie grec (les joueurs cachés se lèvent régulièrement avec une petite phrase chantée : c'est le cœur), Marguerite Dumas (il faut l'avoir lu pour comprendre cet instant de dépression profonde), peau de chagrin (la même impro est jouée plusieurs fois mais sur un temps qui est divisé par 2 à chaque fois...), etc.

Un exemple valant plus que de longs discours...


Pour finir, l'impro est un moyen extraordinaire de s'amuser, de s'accepter, de rire, de laisser libre son imagination, de s'ouvrir aux autres. Bref, faites de l'impro.

C'était long mais chaque mot est une raison supplémentaire pour faire (ou voir) de l'impro...

dimanche 15 mars 2009

Oh les jolies photos !

J'ai pour habitude d'aller voir des expositions dans Paris le week end, avec un ami qui revient régulièrement de Poitiers (une fois par mois à peu près, ce qui est une fréquence acceptable). Le problème, c'est qu'il est (ou semble) beaucoup plus éduqué que moi, d'un point de vue artistique. Résultat : il m'entraîne dans des expositions du type "De Miro à Warhol" (admirez ce bleu de Klein, sur la gauche...) ou encore sur l'art russe de 1970 à 1995 à la Maison Rouge (ça ne s'invente pas). J'ai eu beau faire connaissance avec une visiteuse d'origine russe et draguer le surveillant, j'en suis sorti sans avoir compris le dixième de ce que j'avais pu voir. Ce qui rassure, c'est qu'apparemment mon ami avait l'air encore plus déboussolé que moi...

Ce dimanche, encore une fois, ça n'a pas raté. J'étais assez partant pour aller voir la collection de photos de la Bibliothèque Nationale de France rassemblées sous le nom "Controverses". L'idée ne lui a pas déplue mais il a préféré nous entraîner à la Monnaie de Paris voir l'exposition sur David La Chapelle, célèbre photographe américain... De plus, il a voulu qu'on y soit à 10h30 (à l'ouverture) et moi, être dans Paris à 10h30 un dimanche matin, il faut vraiment que ça soit un ami qui me le demande. Bon, c'est un ami...

Je ne peux pas dire que j'ai été déçu. De ce que j'ai compris, David (La Chapelle, donc) est très vite tombé dans la photo, mise en scène grâce (ou à cause, c'est selon) sa mère. Il se rend à New York et rencontre par hasard Andy Warhol qui tombe totalement sous le charme... de ses photos, bien sûr. Ce dernier lui fait donc signer des contrats avec des magasines, notamment de mode. C'est ainsi que David (... La chapelle !) devient un photographe de renom dans ce milieu. Les conséquences sont visibles : on retrouve les couleurs criardes des robes de styliste sur ses photos et les modèles sont tous des mannequins ou des stars de renom (Madonna, Huma Thurman, Paris Hilton, Kenny West, Eminem, Naomi Campbell, Marilyn Manson, Pamela Anderson, Courtney Love, Angelina Jolie, etc.). Les modèles eux-même sont soit plutôt vêtus de vêtements de couturiers, soit nus.

Il semble que David (...) ait un problème avec la religion. Nombreuses sont ses photos faisant référence à des scènes ou des symboles bibliques, comme par exemple ce Christ noir, mais aussi une reconstitution de la Cène dans un squat, ou une vision de la Vierge tenant sur ses genoux un Christ mort... d'overdose ! Bref, que du très bon goût aux yeux du Saint Siège. Et encore, s'il n'y avait que ça ! David a aussi un regard très critique sur la société de consommation et, plus encore, sur la débauche de luxe (et de luxure) dans le milieu de la mode, du strass et de la jet set. Milieu auquel il est par ailleurs parfaitement intégré...

J'en arrive à ma vision de son œuvre. Et là, il n'y a pas à hésiter, je note tout de suite la beauté de ses photos... et surtout de ses modèles. Veuillez m'excuser pour ce qui va suivre, mais je ne peux pas réfréner ce cri du cœur. S*LOPERIE de P*TAIN de M*RDE, qu'ils sont beaux !!!!! Rien que pour ça, ça vaut le coup d'aller voir l'expo ! Je ne pouvais pas vraiment partager ce point de vue avec mon ami préférait Naomi Campbell au choupi du premier plan et il fallait que ça sorte donc ça, c'est fait.


Je reprends. Le hic de l'hisoire, c'est que David est un peu malade dans sa tête, à force de jouer à des jeux de grand qu'il n'assume pas beaucoup (en fait il doit sans doute assumer mais il dénonce tout ça quand même : l'image avant tout). On se retrouve donc avec des photos qui... partent un peu en live... voir plus... Notez que même dans le trash, ses modèles restent toujours remarquablement beaux.





Il ne doit maintenant plus faire de doute dans vos esprits que David est un gros pervers. Apparemment, vous êtes les seuls à vous en être rendu compte et il peut continuer à photographier impunément des sex symbols pour nous les présenter dans les positions les plus exquises. J'ai donc beaucoup apprécié cette exposition (et j'espère que ces photos vous donneront un aperçu du plaisir que ça pu être).

Sur ce, je referme ce post en vous abandonnant deux dernières photos. Je suis sûr que vous les apprécierez à leur juste valeur. Après tout, c'est de l'Art !