Je ne promets rien...
Il y a 9 ans
e sera difficile de vous expliquer la puissance des regards alors que nous sommes tous en position figée sur la scène et que nous exprimons tous la même chose dans nos yeux qui se croisent discrètement : « c’est la merde » !
Quelqu’un de relativement calme, dont les goûts sont proches des miens, rieur mais pas trop, et surtout quelqu’un de « normal ». J’ai une idée un peu particulière de la « normalité » quand je parle des gens. Moi-même, je crains de ne pas faire parti de cette catégorie qui, pourtant, est enviable. Personnes équilibrés, émotionnellement stables, capables d’expressions affectives, pas trop exigeantes ni indifférentes par rapport aux autres, ayant une vie professionnelle stable et satisfaisante (ce n’est pas que je développe une forme de rejet contre les personnes sans emploi, bien au contraire, mais vous conviendrez qu’elles sont souvent sujettes à la déprime et aux petites tracasseries qui pourrissent l’existence, d’où la prise en compte de ce critère dans la caractérisation du bien-être). En un mot, c’est quelqu’un de bien.
Par contre, je n’aurais pas su dire si ça aurait été pour un soir ou pour plus de temps. Finalement, les choses se sont définies d’elles-mêmes. Non seulement je raye la case « coup d’un soir » (lui-même se refuse à ce genre de pratiques) mais, en plus, je raye la case « conjoint » puisqu’il ne se sent pas prêt à reconstruire, les ruines étant encore fumantes. C’est là que je me sens pousser une fierté enfantine car je ne compte pas pour autant le supprimer de ma vie, lui. Je pense qu’il pourrait devenir un excellent ami. Je vois vos têtes dubitatives mais je sais la valeur de ma conviction. Je serai ravi d’avoir un tel ami près de moi. Enfin, je ne fait pas de plan sur la comète, l’affection ne se commande pas.
L’intervention de l’invité sur le sujet de l’optimisme était riche à mes yeux. Il faisait une description des quelques caractéristiques qu’il avait trouvé chez les optimistes des quatre coins du monde. Ces derniers semblent capable de bien compartimenter les différents éléments de leur vie, ils sourient quand une tuile leur tombe sur la tête (c’est une image…). Le mot optimisme tirerait son origine du grec et il signifierait au départ « qui profite du présent ». Un concept qui n’est pas sans rappeler le fameux Carpe Diem d’Horace (dicton par ailleurs mal interprété car la locution est tronquée). Bien sûr, les optimistes sont des gens qui regorgent d’énergie et dont la vie est plus agréable que celle des pessimistes. L’invité suggérait à tous les auditeurs, chaque soir, avant de se coucher, d’écrire trois choses qui ont bien fonctionnées dans la journée. Trois choses dignes de satisfaction. Cet exercice serait un excellent catalyseur d’optimisme à long terme.
Je ne le ferai pas : il parait que le sur-optimisme est une notion négative qui existe et je crains d’en devenir atteint si je fais cet exercice. :-)
Vous ais-je déjà parlé de Pavel Morozov, le « pionnier-héros numéro 001 de l’Union Soviétique » ? Non, bien sûr, puisque je ne connais son existence que depuis hier. Arrangeons tout de suite cette lacune historique temporaire.
Quand j’ai vu la photo de Pavel Morozov, avant de lire sa biographie, j’ai eu un réflexe intérieur de répulsion dégoûtée face à son image. A présent que je connais davantage la manipulation qui a entouré sa vie – et sa mort – je ressens une sorte de gène en moi en le regardant, pour l’avoir jugé trop vite et bien mal. Ce n’était qu’une faible victime et je me suis fait avoir par la petite phrase qui était associée avec la photo, « pionnier-héros numéro 001 de l’Union Soviétique ». Je suis formaté et prêt à cracher sur une victime...
Aujourd’hui, je ne peux que constater le dérapage insupportable du gouvernement français, ce scandale outrancier qui ne semble même pas effrayer les 28 % d’électeurs qui, par folie je suppose, sont prêt à cautionner cette lente chute dans l’Abîme Sans Fond. Je crains qu’il ne reste plus grand-chose de notre devise nationale : Liberté, Égalité, Fraternité. Et j’en suis infiniment triste.
Comme m'avait prévenu le site youNco, je reçois un sms à 19h pour me donner l'adresse du restaurant et me rappeler que je dois m'y rendre à 21h. Pour être tout à fait juste, le sms est arrivé 2-3 minutes avant 19h ce qui m'a immédiatement fait comprendre que la soirée était confirmée. J'avais déjà essayé de m'inscrire le week end précédent (week end prolongé par ailleurs) et c'est quelques minutes après 19h que j'avais reçu un sms me prévenant que la soirée était annulée, faute de participants.
Je suis assez amusé d'avoir cet avantage psychologique sur le premier convive qu'est de l'avoir vu sans que lui ait pu savoir que j'allais le rejoindre dans quelques secondes. C'est donc par distraction que je m'accoude nonchalamment sur le bar, juste le temps pour... qu'un second bonhomme arrive et demande la table réservée au nom de youNco ! Mais attendez voir... il n'y aurait pas un problème ? Celui-là approche plus la quarantaine qu'il s'éloigne de mes 25 ans ! Peut-être y a-t-il deux dîners youNco dans le restaurant ce soir... A son tour, la serveuse l'entraîne au sous-sol et le fait disparaître de ma vue.
Voila, vous savez tout. J'aurai bien pu essayer de prolonger la soirée, notamment avec le Media Internet Manager , mais j'avais prévu d'aller courir le lendemain matin avec d'autres amis et je ne pouvais pas décemment enchaîner les deux activités. M'en fiche, j'ai son numéro ! Je pense d'ailleurs l'appeler ce soir, histoire de. Ça s'appelle nager dans le brouillard...
Sans transition, ce soir je vais faire une nouvelle expérience. Peut-être avez-vous entendu parler de ce site, youNco. Il propose de réserver un repas pour 6 personnes dans un restaurant. Les 6 convives doivent s'inscrire (à hauteur de 5 euros) et signaler leur présence avant 19h dans la ville où ils souhaitent dîner. Le site propose d'organiser ce repas pour 3 hommes et trois femmes ou (et c'est là ce qui m'intéresse) 6 hommes/femmes de même sexe et même âge que vous.
Aujourd'hui, le temps était magnifique sur Paris. La température avoisinait les 25 degrés et seul un gros nuage bedonnant tout droit sorti du plafond de la Chapelle Sixtine flottait au dessus de la ville, n'en cachant qu'une petite partie au Soleil. Il n'était pas concevable de rester cloîtré chez soi. Je suis donc sorti me balader et ma cible fut le Sacré Cœur, au sommet de la butte Montmartre.
En montant les petites rues, j'ai pu laisser aller mon regard à droite à gauche et le décor surpassait largement la population. De manière assez inattendue, les gens étaient plutôt neutres dans leur aspect. Pas de gros, pas de petits, pas de maigres, pas de vieillards, pas d'adolescents. La majorité des personnes étaient des couples avec leurs enfants. Par contre, les boutiques étaient extraordinaires. Des souvenirs en toc, des tableaux de la catégorie des "croûtes", des posters de Marylin Monroe dont le rapport avec le lieu restent à trouver, tout était au top. Il y avait aussi quelques dessinateurs prêts à se jeter sur le faible touriste pour le croquer et lui revendre une feuille de papier salie au fusain à prix d'or. Adossé au mur du Sacré Coeur, un pantomime se laissait prendre en photo avec les amateurs de clichés hideux. Il faut tout de même souligner que le pantomime en question était tout de blanc drapé et maquillé, qu'il était assis en surplomb sur une sorte de pied de colonne dorique blanche, le tout sur un fond de velours violet. Je ne vous laisse pas languir davantage sur le rendu de la chose : mortuaire. Rien qu'à le regarder, je me sentais mal à l'aise...
Arrivé devant le Sacré Cœur, personne ne peut faire l'économie d'un regard prolongé sur Paris. C'est le centre Pompidou (Beaubourg) qui saute aux yeux en premier, à cause de ses tuyaux bleu géants qui jurent dramatiquement avec le reste des bâtiments. Viennent ensuite la tour Montparnasse, la tour Saint Jacques (si belle...), Notre-Dame de Paris, les Invalides, la Gare du Nord, le Grand Palais, la bibliothèque François Mitterrand... Paris est définitivement une ville splendide.
Une autre chose inévitable, quand on a atteint le sommet de la butte Montmartre, c'est la visite du Sacré Cœur lui-même. Il faut faire la queue pour y pénétrer... A l'intérieur, les blancs étaient couverts de monde : une messe était en cours ! Un joueur d'orgue, cinq prêtres, une douzaine de bonnes sœurs et les reliques de Sainte Thérèse au pieds de l'hôtel, l'instant se voulait important. Pourtant, le flot des touristes (dont je faisais parti) coulait tout autour des croyants dans un brouhaha à peine masqué. Passé le premier moment de surprise lié à la découverte de la cérémonie, je suis resté coît devant les bougies... à dix euros pièce !!! Pourtant j'ai vérifié : Montmartre n'est pas dans le 16ème arrondissement ! Je suis entrainé par le courant humain qui me fait contourner le cœur alors que les sœurs déclament un chant poignant (ce qui n'est pas vraiment le terme que j'emploie en temps normal). Et là, c'est le drame. Sur le flan de la basilique, à l'intérieur même de celle-ci, une boutique de Vierges et de crucifix !
Les catholiques violent sans remords ni regrets les plus grands principes de leur croyance. Dieu a détruit les temples juifs car ils commerçaient dans Sa maison, Jésus a poursuivi de manière violente dans cette voie et pourtant ils transforment encore la maison du Seigneur en temple de l'économie. J'ai eu mal en voyant ces petites statuettes soldées. J'ai été blessé moralement. Sans doute ne suis-je donc pas indifférent à l'idée qu'il y a quelque chose qui nous surplombe et qui nous observe/guide. Mais le pire est venu quand quelques louanges sont parvenues en même temps à mes oreilles, et je n'ai pu m'empêcher de penser que ces belles phrases-là qui prônent l'amour et le partage ne sont que des supports pour extorquer la monnaie des petites gens. Je suis sorti aussitôt de cet endroit sale.